Tout ce qu’il faut savoir sur la construction parasismique

La construction parasismique de A à Z

La construction parasismique de A à Z

Durant un séisme, les bâtiments représentent le plus grand danger en termes de blessés et de pertes humaines. La rupture partielle ou complète d’un bâtiment peut être évitée grâce à la construction parasismique.

Découvrez en quoi consiste la construction parasismique et comment cela renforce la résistance sismique des bâtiments.

Qu’est-ce que la construction parasismique ?

Lors d’un séisme, les bâtiments sont soumis à des sollicitations mécaniques verticales et horizontales en provenance du sol. Les mouvements de va-et-vient se répercutent sur les constructions.

La construction parasismique a pour objectif d’éviter l’effondrement ou la rupture d’un bâtiment en limitant la répercussion des ondes sismiques sur sa structure. Cela permet d’augmenter drastiquement la sécurité des personnes.

La construction parasismique ne se limite pas uniquement au choix de matériaux avec des caractéristiques parasismiques bénéfiques. La construction parasismique est une manière de concevoir des bâtiments qui débute par des études approfondies de plusieurs éléments.

Pour synthétiser, la construction parasismique d’un bâtiment repose sur les éléments suivants :

  • L’étude des aléas sismiques dans une région définie,
  • L’étude de la nature des sols et de ses impacts lors d’un séisme,
  • La conception générale du bâtiment (fondation, forme, taille, etc.),
  • Le choix de matériaux avec une bonne résistance sismique,
  • L’exécution soignée des travaux.

La réglementation de la construction parasismique en France

La construction parasismique en France est régie par la norme Eurocode 8. Cette norme définit des règles de construction parasismique qui varient selon différents facteurs.

Le zonage sismique en France

Le zonage sismique du territoire français comprend cinq zones de sismicité qui varient de très faible à forte. Seules les Antilles sont situées dans la zone 5 avec un aléa sismique fort.

Aucune règle parasismique n’est applicable dans la zone 1. Certaines règles parasismiques sont à appliquer aux ouvrages à risque normal dans les zones 2 à 5.

Le type d’ouvrage

La norme Eurocode 8 différencie deux types d’ouvrages : les ouvrages à risque normal et les ouvrages à risque spécial.

Un ouvrage à risque normal est une construction qui n’impacte que ses occupants ou le voisinage immédiat en cas de séisme.

Un ouvrage à risque spécial peut impacter les biens, les personnes et l’environnement au-delà du voisinage immédiat en cas de séisme. Une centrale nucléaire, un pont ou un barrage sont quelques exemples d’ouvrages à risque spécial.

Ces ouvrages doivent bien entendu respecter des règles parasismiques très strictes.

Une réglementation différente entre les ouvrages neufs et existants

Des règles parasismiques sont applicables pour toutes les nouvelles constructions situées dans les zones de sismicité faible à forte (zone 2 à 5).

Un bâti existant qui subit des modifications importantes est également soumis à cette réglementation.

Pour certains types d’ouvrages, comme les maisons individuelles, il est possible de suivre des règles de construction parasismique simplifiées.

Les fondements de la construction parasismique

En tenant compte des règles dictées dans la norme Eurocode 8, nous pouvons distinguer trois grands fondements de la construction parasismique.

L’implantation

L’implantation d’une construction est l’élément le plus important à prendre en compte.

Avant de commencer la conception de l’ouvrage sur papier, il est indispensable de réaliser une étude détaillée de la zone sur laquelle le bâtiment doit être construit.

Une analyse géotechnique doit être réalisée par un bureau d’études spécialisé en construction parasismique. Cela permet de déceler si la localisation est exposée aux effets de site.

Les effets de site amplifient l’intensité et la durée des secousses sismiques. Les causes principales sont la nature du sol et la topographie.

Il convient d’éloigner l’ouvrage des zones à risque détectées suite à l’étude géotechnique et de privilégier une construction sur un sol dur.

La conception

La conception d’un bâtiment doit être réalisée en tenant compte des données recueillies durant la phase d’étude géotechnique.

De nombreux points détaillés au sein de la norme Eurocode 8 sont également à prendre en compte.

L’un des points les plus importants est la compacité du bâtiment. Il est préconisé d’opter pour une architecture simple en limitant les décrochements en plan ou en élévation.

Une division du bâtiment en plusieurs blocs homogènes peut être réalisée à l’aide de joints sismiques. Cela permet de renforcer davantage la résistance parasismique.

Une autre caractéristique indispensable à une construction parasismique est sa capacité à pouvoir se déformer sans rupture (la ductilité) et à absorber les ondes sismiques.

La ductilité est obtenue en utilisant des matériaux déformables. Il est nécessaire de trouver les matériaux et les techniques de construction idéales pour permettre à l’ouvrage d’être solide et ductile à la fois.

L’exécution soignée des travaux

Un ouvrage peut être conçu dans le respect des normes parasismiques, et pourtant, se rompre lors d’un séisme.

Une mauvaise réalisation des travaux est une des principales raisons qui engendre des pertes humaines lors d’un séisme.

Une main d’œuvre qualifiée et un suivi du chantier par des personnes compétentes sont deux des éléments essentiels pour une construction parasismique.

L’exécution soignée des travaux ne se limite pas uniquement aux fondations et à la structure principale du bâtiment. Tous les éléments qui constituent l’ouvrage sont concernés, de la tuyauterie aux luminaires.

A propos de l'auteur Adrien Lafond

Pendant près de 5 ans, Adrien a été dans l'équipe des contrôleurs d'Anco, pour des projets de construction allant de la maison individuelle à la tour de 20 étages. Passionné de nouvelles technologies et initiateur de ce blog, il est maintenant responsable de la communication d'Anco en télétravail.

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