Joint de dilatation : Carrelage, murs, béton, façades… Nombreux usages ou abus de langage ?

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Probablement un des termes de construction qui subit le plus d’abus de langage. Pour un peu, tous les joints seraient des joints de dilatation…. Qui sont les véritables joints de dilatation ? A quoi servent les autres ? Lisez la suite pour être incollable sur le sujet.

Joints de dilatation

Comme beaucoup de matériaux, le béton se contracte sous l’effet du froid et se dilate sous l’effet de la chaleur. En prenant en compte cette dilatation, comment faire en ville lorsqu’on construit un bâtiment mitoyen ? Si on le construit vraiment contre le bâtiment voisin, on risque de le ‘pousser’ littéralement en été lorsque le béton se dilate ! Pour éviter cela, le constructeur ménage un espace de 4cm entre les deux bâtiments justement nommé… joint de dilatation.

Joints dûs au retrait du béton

Le béton, en séchant, a tendance à se rétracter, et cela crée des tensions internes qui génèrent des fissures. Plus la distance coulée est grande, plus le retrait est important, et donc plus les fissures sont grandes. Pour éviter cela, on fractionne les grandes surfaces en petites surfaces, et les « joints de dilatation » sont en fait des joints de fractionnement.

Quelques exemples de joints dûs au retrait du béton :

Grandes dalles en béton : on réalise un trait de scie tous les X mètres (selon le type de béton, les conditions locales) pour libérer les tensions dues au retrait, ou on réalise les joints avant coulage entre les panneaux de dallage.

Voiries en béton : idem

Tabliers de Ponts en béton : des joints en baïonnette sont réalisés souvent au niveau des appuis.

Chapes de ciment / sable non structurelles : pour éviter la fissuration de la chape et les dommages sur le revêtement de sol (carrelage), on crée des joints de fractionnement tous les 25 à 40 m², et des joints périphériques tout autour de la chape.

S’il est difficile de mettre en place un joint de retrait, on peut réaliser un « joint à clavetage différé ». Cette technique est assez simple : elle consiste à couler la dalle par morceaux de surface modérée, et à laisser des bandes ferraillée tout autour. Après 90 jours, lorsque l’essentiel du béton a effectué son retrait, on vient couler ces bandes ferraillées. Ainsi la dalle ne subit pas de tensions internes trop importantes, sans joint de retrait.

Joints parasismiques

Pour éviter l’entrechoquement entre 2 bâtiments voisins, qui se révèle très destructeur lors de gros séismes, on ménage un joint de 6cm minimum. Comme ce joint se situe exactement au même endroit que le joint de dilatation, la confusion des termes était inévitable.
A noter une différence cependant : le joint parasismique doit impérativement être rectiligne, sans baïonnette, sur toute la hauteur de la construction, contrairement au joint de dilatation.

Pour tous les joints, des couvre-joints

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A propos de l'auteur Adrien Lafond

Pendant près de 5 ans, Adrien a été dans l'équipe des contrôleurs d'Anco, pour des projets de construction allant de la maison individuelle à la tour de 20 étages. Passionné de nouvelles technologies et initiateur de ce blog, il est maintenant responsable de la communication d'Anco en télétravail.