Charpente en Bois : 9 Techniques et Erreurs à éviter

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Depuis 2005, j’ai eu l’occasion d’observer que les erreurs en charpente bois sont invariablement les mêmes. La plupart des erreurs à éviter concerne les assemblages, et la protection des bois de charpente. Voici ma Check-List en 9 points :

1. Eviter les clous lorsqu’ils fonctionnent « à l’arrachement »
En effet, le vent exerce une force qui aspire la toiture, perpendiculairement à son plan.
Préférer les assemblages bois-bois qui travaillent en cisaillement. Ceci est également vrai pour fixer la couverture à la charpente, où il est toujours préférable d’utiliser des tire-fonds (vis) ou des pointes (clous) sur le côté (fixation des tuiles).

 

2. Respecter la « distance au bord »
Pour être efficace, une pointe, une vis, et même une cheville dans le béton doivent être situées le plus prés possible du centre de la section, au risque de réduire drastiquement leur résistance.

 3. Attention aux aboutages de bois de charpente
Si un bois est trop court, on l’aboute à un autre pour l’allonger à la longueur nécessaire. Sur un appui, ca ne pose pas de problème, mais « en portée », ces assemblages peuvent réduire la résistance de la section de bois. Si toutefois, un assemblage en portée est inévitable, utiliser alors soit des plaques métalliques ou des moises en bois pointées de part et d’autre.

 

4. Attention aux assemblages traditionnels de type tenon-mortaise
Si le charme de ces vieux assemblages vous attire, sachez que leur résistance, sous sollicitations alternées (tempêtes, séismes…), est très inférieure à celle d’un assemblage moderne.

 5. Ancrage de la charpente bois sur le béton
Prévoir des goujons d’ancrage suffisamment longs, et en nombre suffisant.

6. Respecter les plans de charpente
Une charpente en bois peut comporter de nombreux éléments. La conception en bureau d’études donne un rôle précis à chacun des bois. Sur le chantier, il est facile d’oublier quelques bois si on ne se réfère pas au plan.

7. Ne pas oublier les contreventements qui participent à la stabilité

Parmi les oublis fréquemment observés, les contreventements. Ils sont indispensables, qu’il s’agisse d’une charpente bois traditionnelle, ou d’une charpente industrialisée en fermettes. Dans ce derniers cas, il faut vérifier également la présence des lisses anti-flambements, fréquemment oubliées.

Voir notre article sur les différents systèmes de contreventements en charpente bois.

8. Ne pas noyer les bois sans protection dans le béton
Cette pratique est cependant possible en entourant le bois de charpente d’un « feutre ». Sans cette protection, l’humidité du béton et le différentiel bois acide / béton basique peut endommager les bois.

 

9. Protéger les pieds de poteaux de l’humidité
Si le bois a une capacité naturelle à réguler l’humidité, encore faut-il le laisser respirer de temps en temps… donc proscrire tout contact prolongé entre le bois de charpente et l’eau. Typiquement, les pieds de poteaux en contact avec le sol sont dans cette situation tôt ou tard. Pour palier à cela, on peut utiliser des platines d’ancrage, ou des solages en béton pour rehausser.

 

Enfin, si vous observez des choses bizarres sur le chantier de votre maison, signalez-le à votre entrepreneur tranquillement… Sachez que les bois sont souvent positionnés avec des clous un peu n’importe comment, avant que les assemblages définitifs ne soient mis en place.

Il se peut aussi que vous confondiez les bois de charpente avec la structure du faux-plafond, qui est suspendue sous la charpente et qui est bien moins exigeante…

 

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A propos de l'auteur Adrien Lafond

Pendant près de 5 ans, Adrien a été dans l'équipe des contrôleurs d'Anco, pour des projets de construction allant de la maison individuelle à la tour de 20 étages. Passionné de nouvelles technologies et initiateur de ce blog, il est maintenant responsable de la communication d'Anco en télétravail.